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HISTOIRE DES TESTS D'INTELLIGENCE

( par S. Sabot )

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Histoire des tests: News

On appelle test mental une situation expérimentale standardisée servant de stimulus à un comportement. Ce comportement est évalué par une comparaison statistique, permettant ainsi de classer quantitativement, grâce à la mesure, le sujet examiné.


IDÉE DE DIAGNOSTIC D'ARRIÉRATION MENTALE 


Les premiers tests psychologiques ont vu le jour en France avec Alfred Binet, un psychologue qui à la demande du gouvernement français élabora en 1905, avec le psychiatre Théodore Simon, la première échelle métrique de l'intelligence.

Depuis l’instauration par le gouvernement Jules Ferry de l’instruction publique obligatoire, se posait la question du diagnostic des états d’arriération mentale et de l’éducation des enfants anormaux. 

Cette demande du gouvernement donne à Binet l’occasion de mettre en application concrète ses conceptions de la mesure des différences individuelles. Il est le premier à appliquer les mesures aux fonctions supérieures de l’esprit pour mesurer le développement de l’intelligence

Il est intéressant de noter qu’il y a chez les auteurs un réel souci de standardisation : les consignes sont clairement explicitées, des exemples de bonnes et mauvaises réponses sont aussi proposés afin de faciliter la correction et la cotation. De plus, une note de bas de page donne des indications concernant l’étalonnage de référence.

ARRIVÉE DE LA NOTION D'ÉCHEC SCOLAIRE

Le psychologue français René Zazzo fonde après 1945 les premiers services de psychologie scolaire. Il prolonge ainsi l'œuvre d'insertion de la psychologie dans l'éducation entamée par Alfred Binet, dont il développe les travaux entre 1946 et 1966, date à laquelle il publie la nouvelle échelle métrique de l'intelligence (NEMI). Cependant, son souhait est de prévenir l'échec scolaire plutôt que de dépister les enfants déficients.

La NEMI obtint un succès immédiat en France, particulièrement dans le milieu de l’éducation, auprès des psychologues scolaires. 

Les conceptions originales de Binet, reprises, développées et validées par une expérimentation solide menée par Zazzo permettaient enfin au Binet-Simon, version 1966, de rencontrer les praticiens.

A la fin du XXe siècle la NEMI apparaît comme une épreuve dépassée qui n’a pas été révisée ni n’a bénéficié d’aucun réétalonnage depuis plus de trente ans.

Les praticiens en délaissent donc l’usage au profil de l’épreuve de Wechsler.

David Wechsler, psychologue américain (1896-1981) débute sa carrière en 1917 comme psychologue de l’armée américaine, où il est chargé de l’examen individuel de l’intelligence de jeunes recrues.

la première échelle d'intelligence que Weschler a mise au point en 1939 est 

l'échelle de Wechsler-Bellevue qui inspire la La Wechsler Adult Intelligence Scale ou WAIS (Échelle d'intelligence pour adultes et adolescents de plus de 16 ans), viendront ensuite les WISC et WPPSI pour les enfants.

LA CONCEPTION D'UNE INTELLIGENCE MULTIFORME ET INDÉFINISSABLE​

Binet a cette idée et l’on retrouve la même ouverture chez Wechsler, qui estime impossible la définition de l’intelligence. 

Dans cette conception, l’intelligence est impossible à circonscrire. 

Tout comme Binet, Wechsler considère que l’intelligence doit être évaluée par un ensemble de processus. 

Pour Wechsler, comme pour Binet, le produit final du comportement intelligent n’est pas seulement le nombre des aptitudes ou leurs qualités, mais également la façon selon laquelle elles sont combinées, c’est-à-dire leur configuration. On ne peut déterminer le niveau d’intelligence dans l’enfant que par un ensemble d’épreuves. Wechsler, comme Binet, veut évaluer l’intelligence globalement, en utilisant une grande variété d’épreuves, dont chacune, fait appel à des processus complexes. Il faut un ensemble d’épreuves pour mettre en évidence les différentes aptitudes. Le caractère commun à toutes ces épreuves correspond à l’intelligence générale. À partir d’épreuves spécifiques, on cherche à connaître l’intelligence générale.


LA NÉCESSITÉ D'UNE APPROCHE CLINIQUE DES TESTS


Chez Wechsler comme chez Binet, il y a un ancrage de psychopathologue et de clinicien.

On ne se limite pas aux résultats quantitatifs des tests, mais on observe également tout le déroulement de la passation des tests.

En étudiant ainsi le comportement de l’enfant on peut mettre en évidence les stratégies, les mécanismes de défense et blocages divers …

Wechsler ne se fait aucune illusion sur la possibilité de dégager l’intelligence des autres aspects de la personnalité, de l’affectivité, des émotions, des motivations, etc.

LE RETOUR DE LA NEMI

En 2007 voit le jour la NEMI 2 de Georges Cognet et son équipe.

La NEMI-2 est un test pour les enfants de 4 ans 1/2 à 12 ans 1/2 qui propose un ensemble composite d’épreuves qui toutes font appel aux processus mentaux supérieurs tels que les définissait Binet 

En revanche, l’organisation de la NEMI-2 s’affranchit des échelles de Binet et Zazzo.

Le modèle de l’intelligence retenu pour cette révision est celui de Carroll (1993), qui réalise une synthèse entre les conceptions unitaires et multifactorielles de l’intelligence.


La NEMI-2 permet le calcul d’une note globale. Cependant, n’est pas retenu le terme de QI puisque le résultat n’est plus « un véritable quotient d’âges […mais] un indice qui traduit la distance, l’écart à la moyenne » Zazzo

Construite à partir de l'avancée des connaissances en matière d'intelligence et de fonctionnement cognitif, la NEMI-2 permet de disposer, en peu de temps, d'une évaluation fine du développement intellectuel de l'enfant et est un bon prédicteur de la réussite scolaire et de l'adaptation de l'enfant au système scolaire français

Les résultats sont présentés sous une forme facile à communiquer aux équipes pluridisciplinaires et aux familles.

Ce test est intéressant quand se pose notamment la question d'un saut de classe.

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